En direct d’un trou perdu

Prix IgNobel 2013

mardi 24 septembre 2013

Aujourd'hui, un article sur les IgNobel, ces prix scientifiques un peu barrés, qui, d'après les organisateurs, "font rire, puis réfléchir". La cuvée 2013 a été annoncée le 12 septembre, et comme d'habitude, des récompenses ont été attribuées à des recherches très... spéciales... Je n'en citerais que deux dans le détail. La première parce qu'elle est française. Eh oui, on va se la péter un peu, nous aussi, en France, avons des chercheurs qui font n'importe quoi.

La preuve avec les grenoblois du LIP, laboratoire inter-universitaire de psychologie, qui ont prouvés que "les gens qui pensent être saouls, pensent aussi être attirants". Et c'est un bon exemple de prix IgNobel. En effet, l'expérience consistait à faire picoler des cobayes et à leur demander s'ils se sentaient plus séduisants. Et c'était le cas. Mais en observant un autre groupe de cobayes a qui ont faisaient seulement croire qu'ils étaient alcoolisées, cer derniers se trouvaient également plus attirants. Cette impression d'être plus beau quand on est bourré est donc un placebo ! L'étude d'un tel principe, à la base, c'est complètement con. Mais pour étudier les effets de l'alcool sur l'organisme, je suppose que ça apporte quelques éléments, cette recherche n'est sans doute pas complètement inutile.

Je vous conseille de lire cette interview de Laurent Bègue, responsable de cette recherche sur Rue89. Beaucoup de détails sur les origines de l'expérience et sur ses résultats.

Laurent Bègue, responsable de l'étude récompensée

Par contre, la deuxième étude récompensée, dans la catégorie "Probabilité", les éléments d'intérêts sont plus obscurs. Mais avec un papa éleveur, elle ne pouvait que retenir mon attention.

Ce sont des chercheurs anglais, canadiens et hollandais qui en sont responsables. Après avoir longuement étudié le comportement des vaches, ils ont déduit que plus longtemps une vache reste couchée, plus la probabilité qu'elle ne se lève augmente. Et a contrario, qu'à partir d'une vache debout, il n'est pas possible de trouver une règle de probabilité sur le moment où elle va se coucher. J'ai bien une question qui me vient tout de suite à l'esprit : pourquoi ? Du coup, j'ai cherché un peu l'objectif de cette recherche. Et on comprend mieux.

Brunes

A l'origine de cette découverte, les chercheurs voulaient savoir si les comportements des bovins permettaient de connaître son état de santé. Ils ont remarqués que certaines bêtes restaient plus longtemps debout que d'autres, et voulaient savoir si cela pouvait permettre aux éleveurs de détecter des problèmes de santé. Et c'est le cas. Les recherches n'ont pas permis de découvrir pourquoi tel comportement induisait tel ou tel problème. Mais les modèles comportementaux ainsi documentés, servent maintenant à d'autres recherches sur l’étude des vaches. Donc cette recherche n'a pas été vaine.

Voici les autres prix distribués lors de la soirée des Ig Nobel 2013 (via le site officiel et Wikipédia pour la traduction)  :

Paix : Décerné conjointement au président de la Biélorussie Alexandre Loukachenko, qui a déclaré illégal d’applaudir en public et à la police biélorusse pour avoir arrêté un manchot ayant enfreint cette loi. Médecine : Décerné à Masanori Niimi de l'Université Teiko de Tokyo, pour avoir montré que les souris ayant une transplantation cardiaque survivaient plus longtemps lorsqu'on leur fait écouter de la musique classique. Biologie et Astronomie : Décerné à une équipe de scientifiques de Suède, d'Afrique du Sud, d'Allemagne, d'Australie et de Grande-Bretagne pour avoir montré que les scarabées bousiers, quand ils sont perdus, retrouvent leur chemin en regardant la voie lactée. Physique : Remis à une équipe de chercheurs italiens, français, russes, suisses et britanniques, qui ont montré que certaines personnes seraient physiquement capables de courir sur la surface d’un étang si celui-ci était sur la lune. Chimie : Décerné à une équipe japonaise ayant découvert que le processus qui fait que les oignons font pleurer est encore plus compliqué que les scientifiques ne le pensaient Ingénierie de sécurité : Remis à un américain qui a créé une invention pour piéger les terroristes dans les avions, au moyen d'un système électromécanique qui piège les terroristes et les éjecte de l'appareil en vol. Archéologie : Attribué à des chercheurs canadiens qui ont étudié la dissolution des os dans un système digestif humain, en étudiant minutieusement leurs excréments après avoir avalé une taupe bouillie sans la mâcher. Santé Publique : Récompense une équipe thaïlandaise pour le rapport sur « la gestion chirurgicale d'une épidémie d'amputation de pénis au Siam », cette technique est déconseillée quand le pénis a été partiellement mangé par un canard.

Médias innocents

jeudi 3 décembre 2009
Whôôôôô putain ! Je vais encore me fâcher tout rouge. Ces derniers jours un maire d'un micro-patelin de 40 habitants à lancé une belle phrase qui tâche.  Je vous invite à lire cet article et à regarder la vidéo qu'il contient avant de poursuivre. J'ai deux commentaires à faire sur ce cas. Le premier est qu'il n'est pas franchement nécessaire de taper sur l'UMP sous prétexte qu'il s'agit d'un de ses partisans. Non pas que je veuille défendre ce parti, mais j'ai lu énormément de commentaires vaseux (ouh les vilains points Godwin un peu partout...) considérant que ce que dit cette personne est la pensée de l'UMP. Forcément, puisque qu'il est "Maire UMP".  Tout d'abord, et c'est valable pour tous les partis (oui, c'est arrivé également dans l'autre sens et ça m'a gonflé autant), un mec qui prend une carte de parti ne signifie pas qu'il en devient le porte-parole. On m'a alors dit "ouais mais lui, il est Maire UMP". Whouuuaaaa. Maire d'un patelin de 40 habitants. Quel poids politique national ! En plus, et je sais de quoi je parle, il m'étonnerait fort qu'il existe une bataille de partis dans ce genre de trou perdu. Généralement, on y est plus terre à terre dans les communes de moins de 1000 habitants. Genre "pour ou contre la réfection de la route communal qui va aux poubelles" ou "pour ou contre le festival de jazz" (haha vécu inside). Donc même si ces combats peut être violents et acharnés (ah sisi, c'est impressionnant de cruauté), l'étiquette du parti politique n'a qu'un poids tout relatif dans la balance. Donc on parle bien d'un maire d'une petite commune rurale qui n'a de lien avec l'UMP qu'une carte de membre certainement. Et surtout, son avis n'est pas isolé. Ce qui m'amène au second point. En effet, son avis foireux sur les "10 millions qu'on paye à rien foutre et qui vont nous bouffer" est un avis qui m'arrive d'entendre assez régulièrement (quand même nettement plus nuancé) dans ma campagne. Alors attention, soyons clair, je ne cautionne pas. Mais le fait est que des allusions foireuses sur les "immigrés", "arabes", "habitants de cités" sont nombreuses. Et là, le mec qui habite en ville est outré, les médias débarquent : "Breaking News : les gens dans la campagne sont tous des racistes qui votent FN". Et bien non. Le Front National fait des scores pitoyables à toutes les élections dans le coin. Et les gens sont ouverts. Pour preuve, toute une tripotée de Maliens (du Mali quoi :D) ont débarqués il y a plusieurs dizaines d'années pour offrir de la main d'oeuvre aux usines agroalimentaires du coin. Tout s'est très bien passé entre les blancs et les noirs*. La seule raison pour laquelle on peut entendre de pareils âneries en campagne s'appelle les Médias. Principalement la télévision. Qui sont la plupart des maghrébins ou noirs qui passent à la télé ? Les casseurs, les nanas sous burka et leurs maris tout fiers. Et ils sont où les "normaux", qui vivent sans faire chier le monde ? Bah on en parle pas, ça fait pas d'audience. Du coup, à force, bah les gens, n'ayant pas vraiment de contre-exemple dans la vie de tous les jours, croient que la plupart des immigrés sont des fouteurs de merdes. Et on assiste à des réflexions qui puent. Et pourtant qui est le plus offusqué par des propos comme ceux du maire de Gussainville ? Les Médias qui en parlent sans arrêt. Ça me rappelle très très fortement un second tour de présidentielle il y a quelques années. Le souci était déjà le même : l'acharnement médiatique. On le retrouve aussi pour la vache folle, la grippe aviaire ("on va tous mourir !!!" ... "ah non."), et plus récemment, la grippe Old El Paso. Pour faire de l'audience, il faut faire peur. Alors, par pitié, éteignez votre télé... Ou regardez Nolife ! 😀
* Ouais personnellement, ça me gonfle de faire dans le politiquement correct avec des mots comme "de couleur" ou "minorité visible". Pour moi, un blanc est blanc, et un noir est noir. C'est un adjectif, une couleur, pas une insulte raciale. Je précise, car on m'a déjà traité de "raciste" pour avoir décrit un mec dans une foule. 15 personnes blanches, un noir, en disant le "mec noir au fond", je peux difficilement être plus précis. S'il avait eu un autre distinctif physique, j'aurais pu dire "le chauve", "le grand", ou "la saloperie de rouquin qui pue", mais le fait est qu'il était noir. Et je suis alors devenu un "gros connard de raciste". -_-

L’image des jeunes

mercredi 20 septembre 2006
Ce midi, j'ai mangé avec une dizaine de mes voisins, au travail à la ferme. Et j'ai écouté les conversations. Ca m'a fait vachement peur. La discussion a, au début, passée au crible la bouffe. Et plus précisement, la bouffe dite "actuelle".  Les McDonalds, Quick, repas surgelés ou tout fait s'en sont pris évidemment plein la gueule, par ce que ici, "on sait manger". Au début, j'était plutôt d'accord : certains abusent des McDo&co. et mangent n'importe quoi. Mais c'est devenu tout d'un coup, beaucoup plus radical, j'ai entendu parler d'interdiction des fast-food (genre l'utopiste XD), que les femmes n'étaient même plus foutues de cuisiner, bref, j'ai halluciné, le dialogue d'un autre âge. Les participants ont peut être compris qu'ils s'étaient carrément enflammés, du coup, le sujet "bouffe" s'est calmé et est redevenu plus calme, c'était redevenu : CERTAINS mangeaient n'importe quoi, CERTAINS n'étaient pas foutus de faire à bouffer... Plus logique, moins effrayant.
Finalement, la discussion a tourné sur les jeunes. Et, partant d'exemples de boulets dans les environs (y'en a des bons), ça a généralisé radicalement : les jeunes mangent n'importe quoi, mais aussi  : les jeunes sont alcooliques, fainéants, des délinquants, des fouteurs de merde, roulent trop vite... Toute la panoplie, quoi !
J'ai essayé de m'interposer : "euh faudrait pas généraliser non plus, c'est pas parce que y'a des cons ici, que y'en a partout !". "Meuh si, on l'a vu à la télé".
Paf. Le mot est laché : Télévision, aussi appellé machine à fabriquer des idées reçues.
Les gens présents étaient des gens comme on en voit tous les jours, ne sont pas des extrémistes dangereux. Mais ils regardent tous les journaux télé. Et vu que les JT ne parlent que des "mauvais" jeunes, ben ça généralise.
D'habitude quand j'entend ce genre de discours (c'est pas rare...), j'explique que la télé ne reflète pas forcément la réalité : les jeunes ne boivent pas forcément plus que eux au même âge, que la plupart bossent, et n'ont jamais eu de démêlés avec la justice et n'en n'auront sans doute jamais. Et ceux qui conduisent comme des porcs ne sont pas plus jeunes qu'avant. Généralement, ils comprennent : surtout quand on prend l'exemple des enfants ou des petits-enfants de ces personnes.
Ce midi, je n'ai pas insisté, je n'étais pas censé parler, je ne suis pas le fils idéal en ce moment : je n'aide pas à la ferme. Mes parents s'en foutent (enfin j'espere !), mais certaines personnes (de plus en plus rare quand même) le voient, et je pourrais faire ce que je veux, je resterai le fils d'agriculteur qui n'est pas foutu de conduire un tracteur. Alors en période de gros travaux agricoles, je ferme ma gueule. C'est con, je sais.
A la campagne, les mentalités évoluent, les gens ne sont pas de gros beaufs non plus, c'est pas ça que je veux dire, mais disons qu'il reste quelques traces. C'est comme partout : allez surtout pas me dire que c'est mieux en ville !!! Bon, je pars encore en vrille... Revenons à nos moutons !
Tout ça pour dire, que la télévision et les médias en général forgent des idées dans la tête dans gens qui ne sont pas saines. C'est pas étonnant d'ailleurs si Le Pen passe au 2nd tour encore cette fois. En 2002, des journalistes avaient demandés à des gens de quartiers tranquilles pourquoi certains d'entre-eux pouvaient avoir voter FN. "A cause de la violence". Les journalistes demandent de préciser puisque dans le quartier du reportage, c'est sensé être plutôt tranquille. La réponse est sans équivoque : "Bah tout se qu'on voit à la télé !".
Et si on y réfléchit : est-ce que l'image donné par la TV a changé depuis 2002 ? Non, ou alors j'ai vraiment pas vu. Donc si des gens, considérés comme "normaux", votent encore Le Pen et ont des conversations du moyen-âge, faudra pas s'étonner.

Les experts : Langourla

dimanche 17 septembre 2006
En limite de ma petite commune, deux promeneurs ont découverts un cadavre en décomposition dans une voiture... On apprendra un peu plus tard que c'est une femme de 40 ans. Personne n'a pu dire quel était l'origine de la mort, pas un suicide, mais rien qui pourrait prouver un meurtre ou un problème de santé. Un mystère. Pas habitué à ce genre d'histoire, la commune était en ébulition, c'était le sujet de conversation ultime. En même temps ça change du : "A ton avis, le maïs est avancé ? Avec ce temps, on peut rien prévoir !". Mais les plus paranos ont tout de suite parlé du meurtre. "Et si l'assassin était encore dans le coin ?". Les gens s'enflamme pour rien des fois !
Pas habitués aux morts dont on ne sait pas exactement l'origine de la mort, d'habitude ça se voit tout de suite : accident, problème de santé, suicide. On en voit régulièrement. Mais là, on sait pas, et l'hypothèse du meurtre ne pouvant être écartée, ça en fait flipper quelque uns. J'aime bien orienter les gens vers le meurtre parfait, ça les fait causer, et on apprend toujours des choses : les gens font le rapprochement avec des affaires bizarres qui se sont passées dans le coin, il y a plus ou moins longtemps. Des trucs de dingues des fois! 🙂
Dans notre situation, en tout cas, c'était bien gore : la fille travaillait comme la plupart des gens de nos villages dans l'abbatoir du coin, en intérimaire depuis décembre 2005. Mais pendant tout ce temps, personne ne savait vraiment qui c'était, habitant Miniac Morvan près de Saint-Malo, Ille-et-Vilaine, mais originaire de Nevers dans le Centre. C'est ça qui est bizarre, la fille travaillait à plus d'une heure de chez elle, et pour économiser l'essence (on roule pas sur l'or à l'usine) elle dormait parfois en lisière de forêt, dans les profondeurs des chemins. Déjà, faut aimer : je connais l'endroit, c'est pas ce qu'il y a de plus rassurant... Et le 8 aout, plus signe de vie à l'usine, on suppose alors qu'elle a abandonnée ce travail. Cela n'aurait pas été la première.
Version journaux : "deux promeneurs découvrent le cadavre de cette femme". Point. Même pas drôle.
Version détaillée, racontée par les promeneurs (on les connait, tout le monde se connait par ici...) : aux alentours du 20 aout, un des deux types, qui habite pas très loin de l'endroit, se balade par là, mais passe assez loin de la voiture mais ne va pas regarder dedans, c'est pas l'habitude par ici, tu cherche pas à mettre ton nez dans les affaires des autres. Sauf que plus tard (le 25 aout donc), avec un ami à lui,  il repasse dans le coin. Cette fois il décide d'aller voir, c'est bizarre une voiture stationnée en forêt depuis presque une semaine. Grosse surprise (ou frayeur plutôt...) quand les deux types découvrent un corps en décomposition avancée à la place du conducteur ! Ils appellent la gendarmerie, qui dépèche des hommes sur les lieux. Pendant qu'il arrive, le gendarme au bout du fil leur demande si c'est un homme ou une femme. La décomposition étant très avancé, ils avaient pas fait attention, et n'avaient pas envie d'y retourner. Apparemment voir un corps rongé par les vers, c'est pas très agréable ! Mais le gendarme insiste, et du coup, c'est limite si le type s'engueule pas avec le gendarme... Mais quand les gendarmes arrivent enfin, ils comprennent vite pourquoi le gars voulait pas retourner voir ! Parait-il que c'était vraiment crade... Pas étonnant, morte depuis sans doute deux semaines et demie, ca devait être la fête pour les bestioles !
Finalement l'autopsie n'a rien pu révélée tellement le corps de cette femme était abimé. On ne saura sans doute jamais si c'est un accident ou un meurtre parfait, sans trace. Je penche pour le meurtre, j'y crois pas, mais ça fait bizarre de se dire que dans un patelin perdu, il pourrait peut-être se passer un crime.
On a essayé de contacter les Experts de la série, mais il était déjà pris... Alors on a pris les services équivalents français : "Les Experts : Langourla". La classe, non ? 🙂

Poulet ? T’es où ? Poouuuleeet ??

mercredi 13 septembre 2006
Ce matin, levé à 8h45 (c'est dur, chuis encore en vacances moi !) pour aider à tuer les poulets. La voisine est même venue nous aider à transiter du poulailler au congélo les 19 poulets présents. A la base, y'en avait 20, mais un a trépassé en cours de "d'engraissement"... Les joies de la ferme !
Une fois en tenue de combat, direction le poulailler pour kidnapper nos premières victimes.
"Celui-là est assez gros, chope-le, CHOPE-LE !!!!" Je ne saurais dire qui des trois personnes ou des dix-neuf poulets gueulaient les plus forts... C'est à l'avant qu'on gueule, qu'on gueule !!
Après moultes cascades à travers les plumes de poules, sept malheureux poulets se retrouvent capturés. Une fois la cour traversée, les poulets voient leur dernière heure arrivée sur la ficelle qui tient lieu de potence. Une fois solidement accroché par les pattes, un rapide coup de couteau au fond de la gorge leur fait se vider de leur sang... Z'ont même pas eu le droit à une dernière clope les pauvres ! J'avais d'abord penser vous mettre une photo de la scène, mais cela aurait pu sans doute en perturber mentalement certains, qui auraient alors manifester aussitôt la volonté de devenir végétarien... 🙂
Leur derniers ébats, le long du poteau, font voler plumes et sang à trois mètres à la ronde... D'où la tenue de combat :). Une fois que les poulets sont morts, il faut maintenant les plumer... Un saut remplie d'eau bouillante attend les cadavres pour que cela facilite l'arrachage des plumes. Et là, arrive donc le moment que j'aime pas : le plumage. Déjà c'est pas très agréable, en plus j'arrive à rien, les deux spécialistes (que sont ma mère et la voisine) ont eu le temps d'en fait trois chacune, pendant que je fini de lutter contre mon seul et unique poulet de la journée (vous verrez plus loin les techniques d'évitement de corvée :D). Pour les quelques plumes et les rares poils restants, on sort le chalumeau ! Pour les filles, je conseille le chalumeau pour l'épilation, c'est terriblement efficace !!
La tuerie se termine par le nettoyage complet de l'intérieur du poulet, on le vide et on rince à grandes eaux...
Et là, retour au poulailler pour une autre rafle. Après avoir saigner les poulets, j'ai vu que mon paternel galèrait à faire ce qu'il faisait, étant généreux par nature, je suis allé spontanément l'aider... C'est surtout que ça m'évitait le plumage des poulets !!
Pour le troisième et dernier groupe de poulets, je me suis proposé d'aller laver le sang au pied de la potence. Il pleuvait mais je préfère être mouiller que de plumer des poulets !
Je me suis donc attaché à faire disparaître les preuves du massacre ! Imaginez un type sous la pluie qui nettoye une cour ensanglantée... Ca fait très serial-killer de film je trouve !!
Bref, voilà comment ma journée s'est déroulée, et que j'ai évité la plupart de la corvée de plumage !! Je suis très fort dans l'évitement de corvée...

Article dédicacé aux trois derniers poulets restants ce soir. 🙂

Les patelins perdus

jeudi 7 septembre 2006
J'habite dans un village de 650 âmes, bien loin des villes.
Je m'en plains pas, au contraire, c'est une chance. Bien sûr y'a pas que des avantages, pour les études faut s'exiler aux quatre coins de la Bretagne. Mais le week-end, je retrouve mon trou perdu. L'air pur de la campagne, on en rigole souvent, mais c'est tellement vrai !
J'ai passé dernièrement deux mois et demi à Villefranche sur Saone, près de Lyon, pour un stage. Ben j'en ai chier. Tout seul là-bas, c'est la misère. Si tu veux te balader, t'es jamais tranquille, faut éviter les ruelles où l'air est irrespirable. Quand bien même c'est à peu près respirable, faut toujours faire gaffe : les voitures, les autres gens qui te gueuleraient dessus parce que tu les as effluerer, le bruit pas vraiment reposant...
Un peu plus jeune, je jouais avec des copains au foot sur la "grande" rue de mon village, c'était aux voitures d'attendre qu'on se range. Pourtant, personne ne se plaignait de nous, à part les quelques citadins qui, même en vancances, sont pas foutus d'attendre trois secondes qu'on se range pour les laisser passer... Je parle pas de tous les citadins évidemment, sinon je vais me faire lapider 😀
C'était tellement sympa de construire une cabane dans les bois. Les balades à vélo, à pied ou à cheval sont toujours un vrai régal : pas besoin de se soucier trop des dangers, ils sont tellement peu nombreux et la nature qui nous entoure est tellement belle, tellement pure, un peu préservée de l'homme...
Là, vous pourriez vous dire "tiens encore un écolo !". Et bien pas du tout. J'aime la nature, je la respecte de mon mieux, et je suis tout à fait d'accord quand il s'agit de préserver celle-ci. Mais pas n'importe comment. Les principaux écologistes collent une partie importante des responsabilités aux agriculteurs. Manque de bol pour eux, j'habite dans une ferme, mon paternel est un agriculteur. Donc je me vois mal rejoindre l'avis de ceux qui nous salissent, ils ne se rendent pas bien compte du travail effectué par ceux ci, et des contraintes administratives qui leurs sont aujourd'hui imposés.
Oui il y a eu des abus de l'agriculture, mais qui dirigent l'agriculture ? Le fermier qui met de l'engrais dans ces champs pour pouvoir récolter un peu plus ? Non ! Ceux qui lui achètent ses produits à des prix abominables et qui le forcent à produire toujours plus pour survivre, et ceux qui lui vendent tous les produits en question...
L'agriculteur n'est qu'un pion. Il tente uniquement de faire de son mieux. Il est certainement un des premier défenseur de la qualité de la nature. En effet : c'est sa matière première ! Imaginez un menuisier essayant de faire de belles planches avec du bois pourri.

J'ai un peu beaucoup dévier le sujet originel des communes perdus. Quoique finalement ce qui faire souvent vivre ces communes est l'agriculture et l'agro-alimentaire en général... Je reviendrais sûrement sur le sujet une autre fois...

Pour conclure cet article, je dirai juste que même si je râle souvent après mon patelin parce qu'il est trop perdu, finalement, il n'y a qu'ici que je me sens chez moi...

A poil !

vendredi 27 janvier 2006
La campagne s'enflamme pour un rien...
Ca fait 20 ans maintenant que j'essaye d'expliquer aux personnes "de la ville", que chez moi, dans ma cambrousse, c'est peut-être paumé, mais les gens ne sont pas tous des ermites, alcooliques, rustres, analphabètes, xénophobes et quelques autres tares. Et ça fait aussi 20 ans que certains, tentent de me prouver qu'ils sont bien les campagnards de la caricature.
Dernier exemple en date : en ce moment même, il y a une exposition au bar "Le Moulin" de St Gouéno, un patelin près de chez moi. C'est l'exposition qui gène : treize personnes des alentours, hommes et femmes, des gens intégrés, de 30 à 40 ans, connus des gens du coin, ont posé nus devant l'objectif d'un photographe amateur, du coin également. J'ai laché le mot : "nus". Bien sûr, ce n'est pas du porno, c'est de l'art. De ce que j'en ai vu dans le journal, les photos sont des jeux de lumières avec les corps des treizes personnes. L'art, je l'avoue, c'est ma plus grande passion. Mais je trouve que les photos sont pas mal foutues. J'ai donc lu ça dans le journal, j'ai trouvé bien que la culture viennent directement dans la campagne par des ruraux (non non ruraux n'est pas un synonyme de ploucs jvous dit !). Mais certaines personnes sont d'avis contraire : "c'est débile, pourquoi ils se foutent à poil ?". Et ils sont nombreux à penser ça. Comme si l'art ne pouvait pas se développer dans nos campagnes.
L'initiative aura eu le mérite de secouer les pensées : non, les photos de nus, c'est pas de la pornographie, et non, l'art c'est pas forcément débile et uniquement pour "la ville". Cela va aider à faire évoluer certaines pensées. Je salue donc les participants au projet. L'exposition est visible au bar "Le Moulin" à St Gouéno (22) jusqu'au 31 décembre et reviendra en février. Au cas où certains seraient intéréssés, on ne sait jamais...
Pendant ce temps, le recteur se noie dans le vin de messe pour oublier la tragédie... ^^

PS : J'ouvre une rubrique "En direct d'un trou", pour entasser les quelques articles qui parlent de ma campagne et de ses mentalités. Histoire de ranger, même si vous vous en tamponnez l'oreille avec une babouche humide...