Tempête intestinale

Aujourd'hui, le magazine Le Point publie un article sur la façon de traiter la tempête par les journaux télévisés des deux premières chaînes de télévision (TF1 et France 2 donc).
Contexte : Gros coup de vent sur le Sud-Ouest de la France, des dégâts humains et matériels, des maisons sans électricité. Et principalement à la télévision : des gens qui pleurent ou qui gueulent que le vent, c'est forcément la faute de quelqu'un. De l'émotion quoi. Oui, c'est con une tempête, mais bon, que la mémé ayant perdu sa toiture pleure, on s'en doute, pas besoin de filmer en gros plan pendant deux minutes. Enfin bref, je m'égare.
Le journaliste du Point, donc, dissèque les deux journaux télévisés qui ont couverts la tempête en donnant des statistiques sur le temps et les sous-sujets traités.

Et là, LE mot qu'il fallait, LA phrase parfaite du journaliste. Qui résume à elle seule la conception du journalisme de masse actuel.

"Face à la catastrophe naturelle, le journal télévisé prend une couleur cathartique."

Cathartique. Le mot parfait.
Vous ne connaissez pas ? Je ne connaissais pas non plus. Alors paf, je veux comprendre. Direction un dictionnaire, à la page "cathartique". Voilà, tout devient clair.

" > cathartique
[adjectif] Relatif à la catharsis (selon Aristote, phénomène de libération des passions qui se produit chez les spectateurs lors de la représentation d'une tragédie.)"

En gros, le journal télévisé joue sur l'émotion de masse. J'ai compris la phrase. Jusque là, rien d'exceptionnel.
Et là, continuant la lecture du dictionnaire, ça fait TILT. La phrase à un double sens parfait. Suite de la définition dans le dictionnaire :

"[adj., n.m.] Médicament aux propriétés laxatives."


Le journal télévisé fait donc chier face aux catastrophes naturelles. CQFD.



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